Nous y voyons la possibilité de donner forme à des idées autrement difficiles à réaliser, d’explorer des langages qui nous étaient étrangers et de prolonger ceux que nous connaissons. Nous voulons découvrir ce que ces moyens permettent de raconter, de faire entendre, de montrer et de ressentir.
Une musique, une image, un récit, un film, un objet, un jeu ou un corps en mouvement peuvent participer à cette exploration. L’AIsthetic que nous défendons n’impose aucune apparence commune. Elle peut être intime ou spectaculaire, réaliste ou impossible, familière ou déroutante. Nos œuvres n’ont pas besoin de se ressembler pour partager une démarche.
Nous reconnaissons le geste artistique dans la conception, la direction, l’exécution, le choix et l’interprétation. Nous ne réduisons pas la présence humaine au nombre d’opérations effectuées à la main. Nous la cherchons aussi dans l’attention portée à une forme, dans une décision, dans ce qui nous conduit à conserver une proposition et à en abandonner une autre.
Nous ne cherchons pas seulement à obtenir ce que nous avions prévu. Nous laissons une place à la surprise : une association inattendue, une voix que nous n’avions pas imaginée, une erreur qui ouvre une autre voie. L’intention peut guider la création et se transformer à son contact. Accueillir l’inattendu ne signifie pas renoncer au discernement.
Nous ne confondons pas la facilité de produire avec la nécessité de créer. L’abondance des possibles nous invite à choisir ce qui mérite notre attention. Nous ne faisons ni de la difficulté d’exécution une garantie de valeur, ni de la puissance d’un système une garantie d’originalité.
Nos œuvres n’ont pas l’obligation de parler d’intelligence artificielle. Elles peuvent parler d’amour, de mémoire, de colère, du quotidien ou de mondes imaginaires. Le procédé participe à leur existence ; il n’épuise pas leur sens. Une œuvre doit pouvoir rencontrer quelqu’un autrement que par l’explication de sa fabrication.
Nous assumons nos moyens et nos choix. Nous reconnaissons les contributions qui rendent nos créations possibles et veillons aux personnes que nos pratiques engagent. Nous souhaitons expérimenter sans nous dispenser de responsabilité, partager sans dissimuler, imaginer sans faire passer nos fictions pour des faits.
Nous créons avec ces outils, pas contre celles et ceux qui en choisissent d’autres. Nous voulons préserver les savoir-faire, les mêler, les prolonger et en découvrir de nouveaux. Notre liberté d’explorer n’exige pas que chacun emprunte le même chemin.
L’AIsthetic peut accompagner une identité artistique sans la remplacer. Chacun peut s’y reconnaître dans sa discipline, dans sa langue et à sa manière. Nous souhaitons que ce nom facilite les rencontres et les échanges, tout en laissant les œuvres et leurs auteurs conserver leur singularité.
Notre sujet n’est pas seulement ce que l’intelligence artificielle peut produire. C’est ce que nous choisissons d’exprimer avec elle.
We see in it the possibility of giving form to ideas that would otherwise be difficult to realise, of exploring languages that were once foreign to us, and of extending those we already know. We want to discover what these means allow us to tell, to make heard, to show and to feel.
Music, an image, a story, a film, an object, a game or a body in motion can all take part in this exploration. The AIsthetic we stand for imposes no common appearance. It can be intimate or spectacular, realistic or impossible, familiar or unsettling. Our works do not need to look alike in order to share an approach.
We recognise the artistic gesture in conception, direction, execution, choice and interpretation. We do not reduce human presence to the number of operations performed by hand. We also find it in the attention given to a form, in a decision, in what leads us to keep one proposition and abandon another.
We do not seek only to obtain what we had planned. We leave room for surprise: an unexpected association, a voice we had not imagined, an error that opens another path. Intention can guide creation and be transformed through contact with it. Welcoming the unexpected does not mean giving up discernment.
We do not confuse ease of production with the necessity of creation. The abundance of possibilities invites us to choose what deserves our attention. We make neither difficulty of execution a guarantee of value, nor the power of a system a guarantee of originality.
Our works are under no obligation to speak about artificial intelligence. They can speak about love, memory, anger, everyday life or imagined worlds. The process contributes to their existence; it does not exhaust their meaning. A work should be able to meet someone through more than an explanation of how it was made.
We take responsibility for our means and our choices. We recognise the contributions that make our creations possible and remain attentive to the people our practices involve. We want to experiment without exempting ourselves from responsibility, to share without concealing, and to imagine without presenting our fictions as facts.
We create with these tools, not against those who choose others. We want to preserve existing skills, combine them, extend them and discover new ones. Our freedom to explore does not require everyone to follow the same path.
AIsthetic can accompany an artistic identity without replacing it. Anyone may recognise themselves in it, in their own discipline, language and manner. We want this name to make encounters and exchanges easier, while allowing works and their authors to retain their singularity.
Our subject is not only what artificial intelligence can produce. It is what we choose to express with it.